Les mémoires de nos blessures - (Partie 3) - Le patriarcat, la culture, l'éducation — et nous

Ce qu'on nous a appris à croire — et comment s'en libérer

⏱ Temps de lecture : 13 minutes

📖 Cet article est le troisième d'une mini-série en 3 parties sur les Mémoires de nos blessures.

Partie 1 : Ce que l'enfance a gravé en nous

Partie 2 : Quand les ancêtres s'invitent à la fête ! 👻

Partie 3 : Le patriarcat, la culture, l'éducation — et nous

📚 Références bibliographiques de l'article

¹ DEPP — Filles et garçons sur le chemin de l'égalité (2024) — Ministère de l'Éducation nationale

² INSEE — Femmes et hommes, l'égalité en question (2024)

³ UNESCO — Rapport mondial de suivi sur l'éducation (2022)

Des ongles rouges et une clé de camion

Elle se présente à l'entretien d'embauche pour devenir chauffeuse routière.

Jeune, la petite vingtaine. Ongles rouges. Longs, parfaitement manucurés. Maquillée, bien apprêtée pour un entretien, quoi ! Plus le look d'une secrétaire de direction que d'une future femme routière.

Et là — parmi les questions sérieuses sur l'expérience, le permis, les horaires — tombe LA question :

"Mais... vous pensez que ça va pas vous gêner ?"

Un regard discret vers les mains. Comme si des ongles rouges étaient incompatibles avec un camion de 44 tonnes.

Elle répond, sans ciller : "Non. Je fais de la mécanique avec, ça m'a jamais gêné et je ne me suis jamais cassé un ongle."

Elle a été embauchée ! Mais quand même. 😄

Cette anecdote pourrait faire sourire — et elle fait sourire, oui. Mais elle dit quelque chose de profond sur ce que les femmes traversent encore aujourd'hui. Sur ce qu'on attend d'elles. Sur ce qu'on leur laisse — ou pas — comme espace pour exister pleinement.

Et surtout, elle dit quelque chose sur ce que nous avons toutes intériorisé, à des degrés divers, depuis l'enfance.

Ce quelque chose a un nom. Le patriarcat. 🌿

C'est quoi exactement, le patriarcat ?

Avant d'aller plus loin — posons les choses clairement, sans drama ni procès. 😊

Le patriarcat est un système. Artificiel. Historique. Construit — et donc déconstruisable (Ouiche, j'aime bien inventé des mots !).

Un système de hiérarchisation qui a placé le masculin au-dessus du féminin. La force brute au-dessus de la douceur. La performance au-dessus de la présence. La raison au-dessus de l'empathie.

Un système qui a dit aux femmes — via la religion, la politique, la culture, l'éducation — ce qu'elles devaient penser, comment se comporter, comment s'habiller, ce qu'elles valaient.

Et qui a systématiquement dévalorisé ce qui est féminin : l'amour, la compassion, la douceur, l'intuition, la connexion etc. Ces qualités-là ? "C'est gentillet. C'est mignon. Mais c'est de la faiblesse."

Sauf que — et c'est là que ça devient intéressant — ces qualités sont précisément celles dont notre monde a le plus besoin aujourd'hui, à mon sens.🌿

Comment il s'est installé — et pourquoi

La peur est souvent à l'origine des systèmes d'oppression.

Et le patriarcat ne fait pas exception. Il est beaucoup moins visible et pernicieux, sous des couverts de "C'est pour ta protection". Mais tout aussi violent.

Alors on a cherché à le contrôler.

On a isolé les femmes. On les a définies par leur utilité — épouse, mère, servante. On leur a confisqué leurs savoirs, leurs droits, leur spiritualité. On a contrôlé leur corps. On a brûlé les guérisseuses. On a tu les philosophes. On a effacé les inventrices. ²

Et progressivement, les femmes ont intériorisé ce message. Elles l'ont transmis à leurs filles. Qui l'ont transmis aux leurs. Génération après génération.

Un vieux disque rayé — qui tourne encore en boucle dans beaucoup d'inconscients aujourd'hui.

Et vous ?

  • Quelle est la croyance sur vous-même — en tant que femme — que vous portez depuis longtemps ?

  • D'où vient-elle selon vous ?

  • Vous appartient-elle vraiment ?

Comment il se manifeste — dans nos vies, nos têtes, nos corps

Le patriarcat ne se cache pas seulement dans les grandes injustices visibles.

Il vit aussi dans les détails. Dans les petites phrases. Dans les automatismes.

Dans les chiffres d'abord — parce que les chiffres ne mentent pas :

En France, seulement 14% des élèves qui suivent la spécialité Mathématiques-Sciences de l'ingénieur sont des filles ¹ — non pas parce qu'elles sont moins douées, mais parce qu'on les en décourage. La motivation des filles et leur confiance en elles diminuent au cours de la scolarité ¹ — alors même que leurs résultats sont excellents. En 2023, 30% des filles sortent diplômées d'un master ou doctorat, contre 22% des garçons ¹ — et pourtant elles sont moins bien payées, moins promues, moins reconnues.

Plus diplômées. Moins récompensées. Cherchez l'erreur. 😏

Dans les institutions — une femme en âge d'avoir des enfants ? Frein à la carrière. Un homme qui devient père ? Félicitations, augmentation de salaire et promotion. Parce qu'il a une bouche de plus à nourrir. Elle, ça dérange.

Dans nos pensées — cette petite voix qui dit "qui suis-je pour prétendre à ça ?" Cette culpabilité qui surgit dès qu'on se fait passer avant les autres. Cette difficulté à recevoir un compliment sans le minimiser immédiatement.

Ce n'est pas de la modestie. C'est de l'intériorisation. 🌿

La culpabilité — un virus inventé de toutes pièces

Parlons-en franchement.

La culpabilité — cette impression permanente de ne jamais en faire assez, d'être trop ceci ou pas assez cela — n'est pas naturelle.

C'est un outil. Fabriqué. Entretenu. Transmis.

Un virus — au sens propre — dont le rôle est de maintenir les femmes dans une dépendance, de les rabaisser, de les garder sous contrôle. Parce qu'une femme qui culpabilise est une femme qui demande pardon d'exister. Qui se fait petite. Qui ne dérange pas.

Mais comme tout virus — il existe un antidote.

=> Apprendre à regarder sa propre beauté. Reconnaître son unicité. Cesser de se juger à l'aune des injonctions reçues.

Ce n'est pas de la vanité. C'est de la guérison. 🌿

Alors vous ?

  • Dans quel domaine de votre vie culpabilisez-vous le plus souvent ?

  • De quoi vous excusez-vous régulièrement — sans vraiment savoir pourquoi ?

Si vous enleviez cette culpabilité... qu'est-ce qui deviendrait possible ?

Pourquoi certaines femmes épousent-elles les valeurs patriarcales ?

Question délicate — et pourtant essentielle.

Parce que l'oppression la plus subtile est celle qu'on finit par défendre soi-même.

Certaines femmes ont adopté les codes du système pour y entrer — pour survivre dans des sphères professionnelles très masculines, pour être prises au sérieux, pour accéder au pouvoir. Elles ont appris à penser, parler, se comporter "comme un homme". À réduire leur propre féminin pour ne pas être écrasées.

Et on leur a donné cette place à condition de ne surtout pas en aider d'autres femmes, voire de les empêcher de progresser.

C'est une stratégie. Encore une fois.

Mais cette stratégie a un coût — celui de se couper de soi. De nier une part de ce qu'on est pour mériter sa place.

Le problème n'est pas d'être forte. Le problème est de croire qu'on ne peut être forte qu'en niant sa douceur. 🌿

Le corps — ce territoire confisqué

Le patriarcat ne s'est pas contenté de coloniser nos esprits.

Il a aussi colonisé nos corps.

Dans les cas les plus extrêmes — mutilations génitales, infanticide des filles ³, contrôle de la sexualité — le corps de la femme devient un territoire de pouvoir et de peur. La peur du féminin. La peur de ce corps qui enfante, qui ressent, qui jouit, qui existe.

Les femmes fabriquent des êtres humains ! Elles portent la vie. Elles la transmettent.

Ce pouvoir-là — absolu, mystérieux, irréductible — a fasciné et terrorisé à la fois.

Mais même dans nos sociétés dites modernes — le corps de la femme reste un terrain de jugement permanent. Trop gros, trop maigre, trop vieux, trop sexy, pas assez sexy. Trop d'ongles rouges pour conduire un camion. 😄

Et souvent — les femmes finissent par ne plus habiter leur propre corps. Elles le regardent de l'extérieur, avec les yeux du système. Elles ne le connaissent plus. Elles en ont honte, ou peur, ou simplement... elles ne s'y sentent plus chez elles.

Se réapproprier son corps — par le toucher, le mouvement, la respiration, l'écoute — c'est un acte politique autant que personnel.

C'est dire : "Ce corps m'appartient. Je l'habite. Je l'écoute. Je l'honore." 🌿

Et vous ?

  • Quel est votre rapport à votre corps en ce moment ?

  • Y a-t-il des parties de vous-même que vous avez du mal à accepter — et d'où vient ce regard ?

  • Qu'est-ce que ce serait de vous regarder avec bienveillance — comme vous regarderiez une amie ?

Se défaire des valeurs destructrices — et je fais comment, moi ?!

La bonne nouvelle — et il y en a une — c'est que ce qui a été intériorisé peut être désappris.

Pas en un jour. Pas sans inconfort parfois. Mais progressivement, doucement, avec les bons outils.

🌿 Se connaître Commencer par identifier les valeurs qu'on a héritées — et celles qu'on choisit vraiment. Mon épisode de podcast sur les valeurs (avec l'ebook Roue de la Vie et la checklist Valeurs) peut être un bon point de départ. 👉 Épisode du podcast sur les valeurs

🌿 Remettre la compassion au centre La compassion — envers soi d'abord, envers les autres ensuite — est l'antidote le plus puissant aux valeurs patriarcales de compétition et de jugement.

La compassion, ce n'est pas la faiblesse. C'est la force la plus radicale qui soit. Celle qui résiste sans détruire. Qui transforme sans écraser.

🌿 Reconnecter corps et esprit Le corps est le premier territoire de la liberté. Se reconnecter à lui — par le toucher, le massage, le mouvement, la respiration — c'est commencer à se réapproprier ce qui vous appartient.

"Reconnecter l'esprit du cœur des femmes à leur corps." C'est au fond ce que je propose dans chaque accompagnement. 🌿

La troisième voie — ni soumission ni rébellion

Je veux vous parler d'une chose qui me tient profondément à cœur.

Il ne s'agit pas de faire la guerre au masculin. Il ne s'agit pas non plus de revenir en arrière, ni de nier les progrès réels accomplis.

Il s'agit de trouver une troisième voie.

Celle de la transformation intérieure.

Celle d'un Féminin guéri — réconcilié avec lui-même, debout dans sa dignité, enraciné dans ses valeurs.

Un Féminin qui n'a pas besoin qu'on lui donne la permission d'exister.

Qui prend sa liberté — parce qu'elle lui appartient.

Qui apporte au monde ce dont il a le plus besoin : de la douceur, de la rondeur, de la présence, de la compassion.

Pas comme une alternative au masculin — mais comme son complément indispensable. 🌿

Et vous — qu'est-ce qui vous entrave encore ?

Je vous pose cette question doucement. Honnêtement.

  • En tant que femme — qu'est-ce qui vous limite encore aujourd'hui ?

  • Quelle injonction portez-vous encore — et qui ne vous appartient pas vraiment ?

  • Si vous pouviez poser une croyance héritée — ce serait laquelle ?

Vous n'avez pas à tout résoudre aujourd'hui.

Juste commencer à voir. À nommer. À choisir — peut-être pour la première fois — ce que vous voulez vraiment garder.

Parce que vous êtes souveraine de vous-même. Et cette souveraineté — personne ne peut vous la donner. Elle est déjà là. Elle attend juste d'être reconnue.

Pour aller plus loin

Voilà, cette mini-série sur les mémoires de nos blessures touche à sa fin.

Mais le chemin, lui, continue.

Si quelque chose a résonné — dans cet article ou dans les deux précédents — je vous invite à venir dans une Conversation de cœur à cœur.

Un espace doux et confidentiel pour explorer ce que vous portez. Sans jugement. À votre rythme.

En France (rapport DEPP 2024) ¹ :

  • Seulement 14% des élèves qui suivent la spécialité Mathématiques-Sciences de l'ingénieur sont des filles

  • En 2023, 30% des filles sont titulaires d'un master ou doctorat contre 22% des garçons — mais 52% des filles titulaires d'un master sont en CDI contre 63% des garçons (même plus diplômées, elles sont moins bien insérées)

Sur la confiance en soi ² :

  • La motivation des filles et leur confiance en elles diminuent au cours de la scolarité au collège — elles ont moins confiance dans leurs capacités en dépit de leurs bons résultats scolaires

International (UNESCO) ³ :

Dans les pays à revenu moyen et élevé, les filles obtiennent de bien meilleurs résultats en science au secondaire — malgré cette avance, elles restent moins enclines à choisir les carrières scientifiques


Vous avez aimé cet article ? Partagez-le à une femme qui en a besoin aujourd'hui. 🌸


Dominique - Accompagnante en cheminement intérieur

Guerrière pacifique — Kintsugi de l'âme

J'accompagne les femmes épuisées à se réconcilier avec leur histoire — et à en faire leur plus belle force.

👉 Mon approche 👉 Prendre rendez-vous pour un appel gratuit

Newsletter

Abonnez-vous maintenant à votre newsletter "Entre vous & moi"